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100 ANS DU CERCLE DES FERMIÈRES À MARIA

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Pour souligner ses cent ans, le Cercle de Maria reçoit ses consœurs du reste de la Gaspésie en congrès régional les 29 et 30 avril.

Pour souligner ses cent ans, le Cercle de Maria reçoit ses consœurs du reste de la Gaspésie en congrès régional les 29 et 30 avril.

MARIA – Le plus ancien Cercle des fermières de la Gaspésie fête ses 100 ans. Fondé en 1916, le Cercle de Maria a été le précurseur de 39 autres dans la région, qui comptent 1539 membres au total.

Les fermières de Maria ont gardé les comptes rendus de leurs réunions depuis 1916, incluant les listes de membres. La responsable des communications pour le Cercle, Françoise Poirier, les a consultés. « À la deuxième réunion, elles ont statué sur le coût, 25 ¢ pour devenir membre. Sur les listes, on pouvait savoir aussi qui était célibataire et qui était mariée. Les femmes mariées écrivaient le nom de leur mari. La première présidente s’appelait Mme Alfred Fugère. »

Les cercles de fermières sont réservés aux femmes, à partir de 14 ans. Pourtant, ce sont deux hommes qui ont démarré le mouvement, les agronomes Alphonse Désilets et Georges Bouchard. « En 1916, on était en pleine Première Guerre mondiale. Les hommes étaient à la guerre, rappelle Mme Poirier. Les agronomes voulaient donner une chance aux femmes de s’impliquer et de survivre. Ils donnaient des grains de semence, des œufs d’incubation et des ruches. »

Le plus ancien à l’est de Québec

Le Cercle de Maria a été le premier fondé à l’est de Québec. Par la suite, les femmes de Sainte-Anne-des-Monts (1922), Caplan (1926) et Nouvelle (1929), ont créé leur propre cercle, suivies par les citoyennes de 36 autres villes ou villages.

En filigrane tout au long de l’histoire des fermières : la défense de la condition des femmes et de la famille ainsi que le transfert des connaissances artisanales. « Ça leur permettait de sortir des maisons et de se rencontrer. Elles parlaient de trucs pour les potagers, de trucs pour le tissage, le filage. Ce qui m’a frappé aussi, c’est que pendant la Deuxième Guerre mondiale, elles tricotaient des bas, des mitaines et des foulards pour envoyer aux soldats », rapporte Mme Poirier.

Le transfert des techniques artisanales est encore à l’ordre du jour du Cercle de Maria, mais leur rôle social est aussi bien présent. Le Cercle amasse de l’argent pour la Fondation OLO, qui offre du jus d’orange, des œufs et du lait aux femmes enceintes défavorisées. Les fermières de Maria rendent le même service à la Fondation Mira et à l’Opération Enfant Soleil. Elles offrent aussi le Café de l’amitié aux familles et aux proches endeuillés après les funérailles.

Une relève à intéresser

Dans le Cercle de Maria, la plupart des Fermières ont entre 55 et 75 ans. Les moins de 35 ans sont rares. Sarah Auger, 33 ans, l’agricultrice de la Ferme du Ruisseau vert de Maria, fait figure d’exception. « Je suis membre depuis 2012. J’avais le goût d’apprendre à tisser. Je fais de l’artisanat depuis que je suis toute jeune : du crochet, du tricot, de la couture. »

Françoise Poirier estime que si Les Fermières avaient plus de visibilité, elles recruteraient davantage de jeunes comme Mme Auger. « Les Fermières, ce ne sont pas juste des madames qui tricotent. On parle du Jour de la terre, de comment économiser l’eau. Ce n’est pas juste un point à l’endroit, un point à l’envers... »

Mme Poirier a bon espoir que des jeunes fermières poursuivront les techniques artisanales, mais à leur façon, souvent plus artistique, estime-t-elle.

Congrès régional les 29 et 30 avril

Pour ses cent ans, le Cercle de Maria reçoit ses consœurs du reste de la Gaspésie. Les membres retourneront à l’idée des fermières au sens propre, qui cultivent et élèvent des animaux, en décorant avec des motifs de grains et de fleurs.

« Pour avoir un souvenir tangible, on a confectionné une murale avec les techniques artisanales. Elle fait environ 55 pouces par 60. Elle est faite de carrés textiles qui montrent des techniques de tissage, de broderie, de tricot », ajoute Mme Poirier.

Et si les fermières font aujourd’hui les mêmes gestes que leurs prédécesseures, ils n’ont pas la même fonction, reconnaît Mme Poirier. « En 1916, les fermières tissaient pour leur survie. Aujourd’hui, c’est pour le plaisir. Je suis en train de tisser des serviettes de plage. Je ne pense pas que les fermières de 1916 auraient fait ça… »

À voir : À l’occasion du congrès régional des fermières, le grand public est convié à une exposition d’arts textiles incluant des pièces de tissage, de couture, de crochet et de dentelle. Les œuvres des Gaspésiennes seront exposées de 18 h à 20 h le 29 avril et de 7 h à 13 h le 30 avril, au Pavillon communautaire de Maria.

1 commentaire

Geneviève Fortier a écrit le 30 avril 2016

Félicitations à toutes les fermières de Maria et en particulier à ma mère, Georgette Audet, qui s'implique depuis longtemps au Cercle. Tu me rends fière de ton leadership et de toutes tes belles créations. Affectueusement, Geneviève Fortier

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